La logistique

La logistique

Il n’y a pas de Murder Party sans logistique.

Trouver un lieux idéal pour votre Murder Party

Ambiance et effet pour la scène de crime

Musique, ambiance et décors de la Murder Party

Nourriture et boisson

La communication dans l’organisation

Le rôle du co-organisateur

1. Trouver le lieux idéal pour votre Murder Party

Je ne vais pas vous mentir, il est possible que la majeure partie de votre budget passe sur ce poste. Louer un château, un manoir, un paquebot ou un train sont de belle idées mais onéreuse. Comme on le dit parfois « un bon lieu est comme un bon coin de champignon, on le garde pour soi ». Sauf que je ne suis pas radin et que je vais vous donner quelques pistes qui donnent à coup sûr de bons résultats.

Certaines Murder Parties peuvent se faire dans un appartement ou dans une maisons sans souci. La seule véritable contrainte à prendre en compte à tous les coup est d’être seuls. Il ne faut pas de personnes étrangères au jeu, car même sans le vouloir elles perturbent le déroulement de la soirée et leur curiosité risque de gêner certains joueurs plus timides.

Si vous choisissez de louer un lieux soyez conscient que votre budget va prendre un sérieux coup. Le plus simple est de demandé autour de vous si quelqu’un ne posséderait pas une maison tranquille, isolée, ancienne, inhabitée, et non loin de chez vous. Il ne faut pas oublier que si on vous prête un maison elle contiendra des objets personnels et beaucoup d’affaire « hors jeu ». Vous aurez du mal a faire jouer une Murder Party à indices réel et donc il vaudrait utiliser des indices papier ou des ponts d’action. L’avantage de louer un lieu est qu’il contient peu d’objets personnels, et que donc une fouille d’un joueur n’est pas gênante. Je parle ici au niveau des considérations hors-jeu, bien entendu.

Mais tout le monde ne connaît pas le châtelain du coin. Il va donc falloir passer a la vitesse supérieure et partir à la recherche de la perle rare. Les critères qui nous viennent souvent à l’esprit sont l’isolement, l’âge et l’aspect de la maison, l’éloignement de la ville (temps d’accès), la disposition des lieux, etc.

Il est important d’avoir à l’esprit que plus vous serez difficile plus il vous en coûtera cher. Vous trouverez une liste ci-dessous (non exhaustive, votre expérience est la bienvenue) de moyens que j’ai utilisés pour trouver des lieux intéressants en terme de jeu, sans me ruiner.

LieuMon avis
Gîtes de FrancePréférez les gîtes d’étapes aux chambres d’hôte.
Belles maisons à louerDes prix élevés mais qu’on peut parfois discuter. A tenter si vous avez des talents de négociateur.
Écoles et lycées rurauxIls proposent parois des dortoirs en location durant les vacances scolaire ou les week-ends
Maisons louées pour mariages (vieilles fermes, anciennes propriétés viticoles, châteaux, manoirs)Hors saison, les tarifs peuvent être beaucoup plus abordables. Une fois de plus tout est à négocier.

Vous pouvez également trouver votre bonheur sur des sites tel que Airbnb ou Abritel. Vous pouvez aussi vous renseigner auprès de votre mairie et de tout syndicat d’initiative pour dénicher des locaux à louer.

Vous verrez vite que le plus dure n’est pas de trouver le bon lieu mais de convaincre les propriétaires. Pour cela ne parlez pas de Murder Party ni de jeu de rôle mais plutôt de Cluedo géant ou de soirée enquête. Insistez sur le fiat que c’est un jeu et si vous avez des références n’hésitez pas à les citer. Attention ! Toutefois, ne déformez pas mes propos. Ne mentez pas! Si on vous demande « c’est pour une murder party ? » il est évident qu’il faut répondre oui. Mais il faut alors présenter votre structure, notre scénario, et que votre jeu sera organisé de façon sérieuse et responsable.

Vous pouvez ici télécharger une fiche d’évaluation de lieu.

2. Ambiance et effet pour la scène de crime

Je voudrais maintenant attirer votre intérêt sur la scène du crime. Tout bon organisateur ou scénariste y aura bien pensé : comment faire peur aux personnages ? En réalité, on n’a pas le choix, il faut faire peur au joueur lui-même, or aujourd’hui, la société nous a habitués à regarder les faits de manière scientifique et cartésienne, aussi il va falloir frapper fort.

La découverte du cadavre est un élément majeur du jeu. Elle doit être spectaculaire. Ce que je veux dire c’est que n’importe quel joueur doit être interpellé par cette scène.

Il faut donc mettre en place une mise en scène la plus parfaite possible. Par expérience, j’insiste sur le fait qu’il faut préparer à fond cette partie de la soirée. Lors de la murder « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire », nous avons cafouillé dans le meurtre et l’assassin s’est retrouvé avec un quasi-alibi. Dans tous les cas, meurtre à l’arme blanche, par balle ou par pendaison, faites une répétition en grandeur réelle. Elle vous aidera à préparer les éléments et le temps nécessaire pour réussir votre scène de crime.

La découverte du cadavre est un grand moment ! Soyez méticuleux car vos joueurs le seront !

Arme blanche et arme à feu

S’il s’agit d’un meurtre à l’arme blanche (poignard, couteau, rasoir, etc.), utilisez du faux sang. Vous en trouverez en grande surface aux alentours d’Halloween, ou dans n’importe quelle boutique de farce et attrape. Vous pouvez également en commander en ligne sur La boutique insolite. Faites le maximum pour que ce soit réaliste. Ne versez pas trop de sang, mais soyez généreux au niveau de la plaie. Pour ne pas massacrer un beau costume ou une moquette toute neuve, prévoyez une chemise « 1er prix » (n’oubliez pas de prévenir la victime). Au besoin protégez le décor par un morceau de drap. Il vaut mieux cela plutôt que de salir le lieu, les joueurs comprendront sans problème. Pensez enfin à mettre du sang sur l’arme du crime, puis laissez l’assassin se débrouiller avec.

S’il s’agit d’un meurtre par balle, faites attention aux détails. Où est la douille? D’où est tiré la balle ? Comment tombe le corps ensuite ? Est-ce logique ? N’oubliez pas de vérifier d’où le coup de feu est tiré, le joueurs (qui n’attendent que ça) vont se ruer sur place pour voir. De la même façon laissez le meurtrier se débrouiller avec son arme. On parle ici de mise en scène, vous ne devez en rien intervenir sur le scénario et le roleplay.

Pendaison et défenestration

Pour une pendaison, qu’il s’agisse d’un suicide ou d’un meurtre, il faut que votre pendu balance au bout d’une corde. Là encore répétez la scène avec les non joueurs. La victime, dont vous aurez pris connaissance de ses caractéristiques physiques (poids, taille) devra porter un baudrier d’escalade sous ses vêtements de surface. Attachez ensuite la corde au baudrier, et accrocher cette corde au point d’ancrage. Il faut vérifier sa solidité avant de faire un essaie. Vous devrez faire un nœud facile à dénouer afin que le pendu puisse être décroché par les découvreurs, ce qui évitera de devoir couper la corde et les questions qui vont avec (d’où viens le couteau?, etc.). Pour ajouter de la crédibilité, prenez un autre bout de corde et faites un tour autour du cou. Il n’est pas question de prendre le moindre risque. Enfin si vous le pouvez, maquillez légèrement le cadavre. Faites en sorte que ce soit crédible. Comment le pendu est monté là haut ?

Dans le cadre d’une défenestration, pensez à un bruit de fenêtre cassé et a jeter une poupée de taille humaine, et au cri pendant la chute. Pas trop long, mais bien un vrai hurlement. Mettez sur votre cadavre quelques gouttes de faux sang au coin de la bouche, rien de plus. Éventuellement, mettez lui des lunettes cassées (qu’il devra avoir sur lui avant sa mort). Si vous jetez une poupée, mettez la de côté une fois au sol et inscrivez « hors jeu » dessus afin que personne n’imagine de théorie tordue. Dans le doute, pas de poupée, juste un cadavre. Vérifiez toute fois à l’avance où il doit tomber. Là encore, trouvez un moyen de faire croire aux joueurs quel la personne est dans la pièce d’où elle tombera alors qu’elle est hors jeu et qu’elle se prépare à la scène macabre. Et puisque nous parlons de l’art du détail. Pensez par exemple à la montre de la victime, après une telle chute, elle sera sûrement cassée (et indiquera probablement l’heure du crime).

Autres crimes

D’autres crimes peuvent avoir lieu, un corps tombant dans un puits, ou dans une baignoire remplie d’acide. Vous pouvez alors utiliser un squelette humain et de la fumée (cf. La tour du Moine). Il est aujourd’hui devenu facile de se procurer un squelette réaliste de taille humaine. Dans une baignoire testez le pour qu’il reste au fond de l’eau puis versez un peu de colorant rouge pour la rendre sanguinolente. Vous pouvez aussi habiller le cadavre pour plus de réalisme (montre, bijoux, lambeaux de vêtements, etc.)

Il existe aussi le cas des empoisonnements. Facile à organiser et à réaliser pour l’assassin. Imposez au tueur de verser un produit dans la nourriture ou la boisson de sa victime (sel, poivre blanc, tabasco). Décidez par vous même si le meurtre réussit ou non dans le cas où la victime s’en aperçoit trop vite et n’avale pas tout. Encore une foi l’assassin doit faire attention a ne pas se faire ^rendre sur le fait. A cet effet, la diversion reste de mise. Pour l’effet visuel de l’empoisonnement, on peut demander à la victime de croquer un morceau de cachet effervescent (vitamine effervescente en vente libre), pour avoir une jolie coulée de mousse saumâtre au coin des lèvres. Le maquillage peut également aider à obtenir un effet saisissant. Autre idée: on trouve dans les magasins de farce et attrape des faux vomis. Dans tous les cas ne négligez pas le maquillage du cadavre. Demandez de l’aide si vous n’êtes pas doué pour ça.

La confection d’un cadavre

Si vous ne voulez pas vous satisfaire d’un joueur maquillé en mort, ou si le scénario vous impose des choses que la nature ne vous permet pas (corps coupé en morceau, démantibulé, explosion du ventre). Il vous faudra construire votre propre cadavre. S’il s’agit d’un squelette, comme je l’ai évoqué précédemment vous pouvez en acheter ou en emprunter un auprès d’une association qui en possèderait (Murder2000 par exemple).

La technique de fabrication d’un cadavre n’est pas unique. Elle peut être simpliste. Du grillage enroulé, bourré de papier et recouvert de vêtements pour les jambes et le tronc par exemple. Vous pouvez utiliser la technique plus perfectionniste avec imitation du poids réel, texture de peau, visage et membre au latex.

Arme blanche et arme à feu

S’il s’agit d’un meurtre à l’arme blanche (poignard, couteau, rasoir, etc.), utilisez du faux sang. Vous en trouverez en grande surface aux alentours d’Halloween, ou dans n’importe quelle boutique de farce et attrape. Vous pouvez également en commander en ligne sur La boutique insolite. Faites le maximum pour que ce soit réaliste. Ne versez pas trop de sang, mais soyez généreux au niveau de la plaie. Pour ne pas massacrer un beau costume ou une moquette toute neuve, prévoyez une chemise « 1er prix » (n’oubliez pas de prévenir la victime). Au besoin protégez le décor par un morceau de drap. Il vaut mieux cela plutôt que de salir le lieu, les joueurs comprendront sans problème. Pensez enfin à mettre du sang sur l’arme du crime, puis laissez l’assassin se débrouiller avec.

3. Musique, ambiance et décors de la Murder Party

Vous ne trouverez pas ici les techniques complètes des effets spéciaux les plus complexes. Contentons-nous de commencer de choses simples, faciles à mettre en place, et qui donne des résultats immédiats et visibles sur la qualité de votre Murder Party.

Comment créer une ambiance ? L’ambiance est ce qui est à la fois le plus facile à créer, mais aussi le plus facile à briser. Il faudra donc proscrire, les téléphones portables, les potins mondains ainsi que les scores du dernier match. Il faut expliquer aux joueurs que pendant le jeu, il faut rester dans son personnage. Les discussion hors jeu sont dangereuses pour la Murder Party et en particulier pour l’ambiance.

Démarrage de la Murder Party

Les effets que vous allez utiliser sont une source d’ambiance, mais ils ne doivent pas être les seuls : dès la fiche de personnage, les joueurs doivent ressentir le style de la soirée. De même, dès leur arrivée il faudra les aider à entrer dans leur personnage; la méthode qui consiste à « enfermer » tous les joueurs dans leurs chambres, puis à les « libérer » pour commencer la partie est excellente car elle crée un évènement charnière psychologique. On peut également pratiquer l’accueil de façon à faire entrer dans le jeu dès le seuil franchi : un majordome en livrée ouvrant la porte et s’effaçant créera une ambiance et montrera par la même occasion aux joueurs que la partie a commencé ! Tout ceci dépendra du scénario que vous aurez choisi, l’important est de bien réfléchir, en tant qu’organisateur, à la façon de créer cette cassure entre réalité et jeu. Dans certains scénarios, cette cassure est prévue, dans d’autres vous devrez y réfléchir et la préparer.

Maintenir l’ambiance grâce aux effet à votre disposition

Les effets sont le piment de votre Murder Party, il faut donc les gérer avec soin, et ne pas en abuser au risque de pousser vos joueurs à l’overdose. La plupart des effets seront le résultat d’un bricolage plus ou moins réussi, ce qui justifie de vérifier à l’avance, et en situation, qu’ils sont aptes à fonctionner : que se passera-t-il s’il pleut ? s’il y a du vent ? si le courant venait à être coupé (indépendamment de la volonté des organisateurs ou non !), sans oublier bien entendu les consignes de sécurité.

Si l’on fait abstraction de la musique, l’un des effets les plus classiques et qui garde toujours son impact est l’utilisation de la machine à fumée. On peut avoir par exemple à visiter un cimetière disparu dans une clairière, une machine infernale sur le point d’exploser ou encore une cave sombre et brumeuse. La manipulation d’une machine à fumée est facile, toutefois quelques précautions s’imposent. Je ne parlerai pas ici de fumée chimique ou de fumée d’artifice, pour des raisons de coût et de sécurité (si vous êtes déjà artificier vous savez vous en servir, et sinon ce serait prendre des risques inutiles).

Machine à fumée

Une machine à fumée fonctionne sur le principe suivant : un liquide spécial est présent dans le réservoir de la machine, cette dernière est reliée à une prise électrique et chauffe le liquide jusqu’à le vaporiser, le gaz (la fumée) sort par un orifice spécifique, sur pression d’une télécommande. Toutefois, il peut arriver parfois sur certains modèles que quelques petites volutes de fumée sortent sans que la télécommande n’ait été pressée, ceci est normal (soupape de sécurité). Les machines à fumée chauffent donc assez pour qu’on ne les pose pas à même une moquette, ou contre un rideau (risques d’incendie et de brûlures).

Il est intéressant à noter que la fumée dégagée par ces machines n’est pas toxique; toutefois elle a toujours une odeur (on ne pourra pas la faire passer pour du brouillard), et elle se diffuse assez rapidement. Enfin, ce genre de fumée ne reste pas au sol : pour obtenir un effet de fumée sur le sol uniquement, il vous faudra utiliser une machine à carboglace (aussi appelée machine à fumée lourde), dont le fonctionnement et le prix ne sont pas du tout du même ordre.

On peut louer une machine à fumée dans les boutiques de sono – animation, pour quelques dizaines d’Euros au maximum (produit compris). D’autres techniques de fumée de sol existent, mais aucune n’est disponible pour le grand public sans y mettre un budget important.

L’utilisation de lumières dans une Murder Party permet de créer des effets très impressionnants : quelques lampes de couleur jaune à la place des ampoules traditionnelles suffiront à donner une impression de vieux à une pièce. De la même façon, évitez à tout prix les éclairages forts : plus il y aura de recoins sombres et de couloirs mal éclairés, et plus facilement vous pourrez générer une ambiance angoissante. Autre idée : remplacez les lampes par des ampoules rouges, et vous voilà dans un sous-marin. Ajoutez un gyrophare et un peu de décor noir-jaune (j’y reviendrai) et vous êtes dans une zone atomique ou bactériologique. La lumière peut vraiment vous faire voyager, donner une ambiance, souligner un thème.

Lumière, éclairage

Une autre façon de terroriser vos joueurs est la (trop) célèbre coupure d’électricité; cependant elle devra avoir lieu en cohérence complète avec le scénario. Ne cherchez pas à la « caser » à tout prix, au risque de déteriorer l’ambiance au lieu de la soutenir.

Pensez aussi aux détails idiots comme celui ci : si on coupe l’électricité au compteur, comment va fonctionner le système son (nous reviendrons dessus plus loin) ? Y a-t-il un frigo ou un congélateur nécessitant de l’électricité de façon impérative ? L’effet suivant a-t-il besoin d’électricité (machine à fumée, éclairages, projection d’hologrammes, etc ?)…

L’utilisation de bougies, de lampes tempête ou de torches sont de bons moyens de faire reculer le temps d’un siècle ou plus. La flamme donne une lumière faible et inhabituelle. Un feu de cheminée peut aussi aider à une ambiance. Les lampes à pétrole sont également des idées à explorer pour appuyer le thème de votre Murder Party. Mais attention : qui dit flamme dit risque d’incendie. Soyez d’une extrême prudence, je n’insisterai pas assez aux risques de brûlures également. Prévenez vos joueurs des consignes de manipulation de ces objets : en tant qu’organisateur, vous êtes responsable.

Dans tous les cas, le scénario a force de loi et les éclairages, comme tous les autres effets, doivent s’y soumettre.

La musique, le son

Faut-il préciser que la source de musique, si musique il y a, devrait être discrète ? Nos amis de Topik ont par exemple utilisé une vieille radio, l’ont désossé pour n’en garder que le décor, et y ont placé une source sonore. Idéal pour donner le ton, faire passer des informations dans le cadre du jeu.

Si le scénario ne vous impose rien au niveau musical, ne vous sentez pas trop libre : il y a implicitement des limitations, des contraintes à respecter : ambiance, époque, thème, style, volume sonore. Par exemple, si la Murder Party est une histoire de fantômes, préférez des craquements et autres bruits de chaînes à de la musique. Mais encore une fois, il faudra être discrets. Nos amis de MurdersOnline, pour une Murder Party dans un château hanté, avaient dissimulé des enceintes sans fil un peu partout dans les placards et sous les lits, et diffusaient de temps en temps des cris d’enfants et des pleurs, à un volume très faible et par petites touches…

Ne pensez pas juste en termes de musique. Pensez son, sonorisation, ambiance sonore. Fermez les yeux et imaginez votre Murder Party.

Décor et accessoires : le soin du détail

Pensez toujours à avoir un certain soin du détail : par exemple, pas de séance de spiritisme digne de ce nom sans encens, bible, bougie, sel, etc. En particulier, pensez au décor et aux accessoires comme à l’emballage d’un cadeau.

En effet, la décoration se compare à l’emballage d’un présent : c’est ce que les gens remarquent au premier regard, même s’ils croient ne pas y faire attention. Nous reviendrons plus tard sur les accessoires. Pour ce qui est du décor et de la décoration, c’est un art qui permet d’orienter un évènement vers un thème bien précis, et qui a le pouvoir de transporter les gens dans un environnement très différent de celui qui les entoure. Le décor est un catalyseur de l’imaginaire.

La décoration est un élément essentiel pour tout évènement, et en particulier pour une Murder Party : un décor réussi a des pouvoirs magiques. De la finesse de vos détails dépendra la réalisme de votre jeu.

Ne la négligez pas ! Je vais vous présenter quelques exemples de décors mis en place pour créer une ambiance.

Exemple n°1: le laboratoire. Cette photo est extraite de la Murder Party « Les chiens aboient et la rose croît », organisée en 2001. Nous avions recréé un laboratoire complet avec éprouvettes, pipettes, fioles, ballons, béchers, erlens et autres tubes à essai sur leur portoirs, le tout dans un local au carrelage blanc, avec une blouse de chimiste accrochée au portemanteau (un indice était d’ailleurs dans la poche de la blouse). Un ordinateur avec une molécule en fond d’écran complétait le tout. Afin d’ajouter au réalisme, nous avions nettoyé à fond à l’eau de javel le local pour donner une odeur « chimique » aux lieux. Dès que les joueurs entraient dans la pièce, ils savaient au fond d’eux-même où ils étaient. L’illusion était parfaite.

Exemple n°2 : la chapelle ardente. Cette photo est extraite de la session 2003 de la Murder Party « Quinte Flush ». Ce scénario met en situation des personnages venus rencontrer un célèbre joueur de poker, lequel est malheureusement mort. La chapelle avait donc été reconstituée avec un cercueil (facile à construire pour peu d’être vaguement bricoleur), une plaque de regrets éternels, une photo du mort sur un petit trépied, quelques bougies, de l’encens, et un tissu barrant le cercueil. Une ambiance musicale très classique (Requiem de Mozart) soulignait les sanglots de la veuve éplorée. Ce genre de décor est assez facile à mettre en œuvre, et donne un vrai résultat au niveau de l’ambiance.

4. Nourriture et boisson

Tout organisateur doit penser en permanence à son budget. Cette contrainte élémentaire est vitale pour éviter les trous de caisse notoires ou l’explosion des participations aux frais. La première règle est donc financière, mais il ne faut pas pour autant se limiter au minimum. Pensez à adapter vos repas, buffets, cocktails et boissons en fonction de l’ambiance et de l’époque jouée. Prenons par exemple le cas d’une Murder Party se déroulant dans un milieu aisé, en 1925 à Paris.

De la bonne gestion d’un budget nourriture et boissons pour une Murder Party.

Alcool : deux verres de vin par personne et par repas, 4cl de digestif par personne pour la soirée, un verre d’apéritif par personne. Il vaut mieux éviter d’en avoir trop (risque évident d’une dérive de la soirée), toutefois quelques verres ne font qu’aider les joueurs à incarner leur personnage (surtout en début de partie). Si possible, penser à prévoir quelques glaçons pour l’apéritif ou le digestif. On préfèrera des alcools comme l’armagnac, le champagne et le whisky, qui permettent d’ajouter à l’ambiance une touche perfectionniste. En tout cas, ne jamais se contenter de produits bas de gamme : pour le whisky par exemple, prévoir au moins 30€ la bouteille.

Au Québec : Héhé, la S.A.Q. ne va pas vous rater ! Comptez au moins 45$ pour une bouteille de whisky de qualité. Ne négligez pas les vins : choisissez un vin chilien ou un vin de Californie, mais ne mettez pas moins de 15$ par bouteille, au risque de gâcher le plaisir. Autant que possible, évitez la bière qui risque de donner une connotation trop « basique » à votre Murder Party.

Un dernier détail : n’oubliez pas de prévoir un peu d’eau gazeuse, idéale pour faire passer un repas sans se gaver de sucre (Coca, etc.).

5. La communication dans l’organisation

Comme nous l’avons vu plus haut, le « décor » est très important dans une Murder Party. L’arrangement des locaux, la disposition des pièces, l’implication et l’utilisation à bon escient de diverses ressources vous seront autant de gages d’améliorations.

Prenez le temps de bien choisir votre lieu de jeu, vous y gagnerez beaucoup en réussite… et vous pourrez communiquer dessus. J’y reviens dans un instant, car avant de communiquer vers les joueurs, vous devez communiquer entre organisateurs !  

Communication et préparation des organisateurs

Observer pour bien communiquer

Lorsque vous irez visiter votre lieu, prenez des photos et préparez un plan d’accès digne de ce nom. Rien n’est pire que d’avoir des joueurs qui arrivent à votre Murder Party excédés parce qu’ils ont passé une heure à vous chercher à cause d’un itinéraire mal expliqué. Rien n’est plus terrifiant qu’un co-organisateur qui ne trouve pas le lieu alors que les joueurs sont déjà là !

Organiser est chronophage

Chronophage ? Oui ! Le temps va s’écouler à une vitesse folle, et plus vous approcherez du jour J plus vous vous rendrez compte qu’il vous reste une multitude de petits détails. Et ces derniers, mis bout à bout, vous prendront un temps considérable !

Pour l’organisation à purement parler, prévoyez un minimum de : trois mois d’organisation, cinq réunions dédiées à la Murder Party pour les organisateurs, une visite préalable du lieu, un jour S-O-S (le dernier jour ouvré avant le jeu)

Ces points ne se remplacent pas les uns les autres, il faut les respecter tous. Lors de vos réunions, soyez attentifs à ne pas dériver de votre sujet ! Quand vous aurez une grande expérience, vous continuerez à prendre tout ce temps. La seule différence, c’est que vous l’utiliserez mieux…  

Communication pour les joueurs

La communication avec vos joueurs est vitale : elle les aide à percevoir votre implication dans le jeu et leur donne envie d’être moteurs, mais surtout elle est le seul moyen dont vous disposez pour voir si vos joueurs ont bien compris tout ce dont ils auront besoin. Eux aussi vont devoir ingurgiter beaucoup d’informations, dont certaines peuvent sembler rebutantes. A vous d’être assez habiles pour les aider.

Ne vous limitez pas un seul canal de communication, utilisez au moins deux canaux parmi :

  • rencontres et discussions individuelles
  • appels téléphoniques
  • mails
  • informations distillées sur un site Internet dédié
  • envois par la Poste
  • Messages

Méfiez-vous beaucoup de l’utilisation d’un site Internet car il s’agit de communication en mode « pull » : les joueurs doivent aller chercher l’information alors que dans les autres cas l’information vient à eux. L’humain étant fainéant par nature…

En un mot, je voudrais aussi ajouter ceci : ne cachez pas trop de choses à vos joueurs. Ils n’ont pas pour seule attente dans la vie que ce jeu. Il a certainement plus d’importance pour vous que vous eux. N’attendez pas d’eux qu’ils s’y jettent à corps perdu, fassent des dizaines de recherches sur Internet pour trouver un indice perdu… Certains (rares et précieux) le feront. Les autres vous reprocheront d’avoir trop peu communiqué, ou que c’était « trop compliqué à trouver » !

6. Le rôle du co-organisateur

On ne trouve que rarement une fiche personnage ou des indications concernant le second organisateur et ce rôle est difficile à gérer, surtout lorsque l’on débute en organisation de Murder Parties. Il arrive aussi que l’on ressente le besoin de rajouter un organisateur qui n’est pas prévu dans le scénario d’origine.  

Le co-orga est un organisateur à part entière, c’est à dire qu’il se doit de connaître la totalité du scénario dans ses moindres détails. En effet, il est le référent des joueurs, tout autant que l’organisateur lui-même et devra être présenté comme tel aux joueurs (soit par écrit lors de la préparation si le jeu commence d’emblée, soit par présentation orale). Dans le cas de certaines Murder Parties avec beaucoup de joueurs, il peut y avoir plusieurs co-organisateurs chacun étant le référent d’un groupe en particulier.

Par ailleurs, le co-organisateur est souvent en charge des aspects « techniques » nécessaires au bon déroulement du jeu. Par exemple, il peut gérer le buffet, créer un effet sonore ou lumineux au moment propice (coupure de courrant, coup de tonnerre, appel téléphonique…), gérer le meurtre en attendant l’arrivée de la police ou être lui-même la victime, bref, tout ce que ne peut faire l’organisateur lui-même par manque de disponibilité ou parce que ça ne collerait pas avec son personnage.  

Comment jouer le personnage du co-organisateur ?

S’il y a une fiche personnage ou des indications concernant le second orga, il est important de se tenir à ce qui est écrit. Toutefois, il est rare que l’organisateur auxiliaire ait un caractère prédéfini et c’est déjà bien s’il a une fonction ! A vous donc de définir, en accord avec l’organisateur principal, les prérogatives et les traits de caractère du personnage. Connaissant bien le scénario et son rôle, le co-organisateur n’a à-priori pas de raisons de demander conseil à l’organisateur principal, mais en cas de doute, c’est l’orga de la murder qui décide. Dans tous les cas, il faut se mettre d’accord !

Par son interprétation du rôle, le co-orga participe non-seulement à l’ambiance générale du jeu, mais donne aussi le bon exemple aux joueurs quand à l’interprétation des personnages. Tout comme l’organisateur, le co-orga doit veiller à ce qu’aucun joueur ne décroche du jeu, ne parte sur des fausses pistes trop éloignées, ne sorte de son personnage, ne triche, etc.

Enfin, n’oublions pas le but premier de la Murder Party : les joueurs doivent passer un bon moment, mais les organisateurs aussi ! Alors jouez !!