Les personnages de murder party et cas extrêmes

Les personnages traditionnels

L’un des points qui va faire la différence entre un scénario exceptionnel et un simple brouillon est la finesse et la justesse des personnages. Qu’on ne se méprenne pas ici sur mon propos : un personnage doit avant tout être jouable et intéressant à jouer. Il se trouve que des personnages stéréotypés peuvent être parfois être bien meilleurs que des personnages trop fouillis ou mal connus. Aussi, dans les premiers temps, préférez partir sur des personnages simples à écrire (ce qui ne veut pas dire simples dans l’intrigue, attention).

Par exemple ? On retrouve souvent dans les Murder Parties « traditionnelles » au moins les personnages suivants :

  • un représentant des forces de l’ordre, tel que : militaire, policier, détective… un représentant du pouvoir institutionnel, tel que : ministre, juge, avocat, notaire, préfet…
  • un représentant des croyances, tel que : moine, prêtre, rabbin, gourou, voyante…
  • un représentant des finances, tel que : banquier, usurier, mafieux…
  • un représentant des savoirs, tel que : professeur, docteur, écrivain, scientifique…
  • un représentant des traditions, tel que : patriarche, mage, majordome…
  • un représentant de l’information, tel que : journaliste, photographe, peintre, conteur…

Mais en tout cas, cette liste ne devrait pas vous faire oublier votre objectif d’écriture. Voici donc une phrase qui pourrait symboliser ce qui doit vous arriver au fur et à mesure de l’écriture : « plus je m’approche de mes personnages, et plus je sens leur mystère ». Car dès que vous avez lu ces lignes, il vous vient l’envie de biser ces règles ! Je ne peux que vous y inciter, mais avec quelques précautions : si vous voulez sortir des sentiers battus, faites-le en connaissance de cause. Le hors piste est une délectation que seuls les scénaristes aguerris devraient tenter.

J’ai peut-être ici tendance à vous inciter à la prudence, mais c’est comme pour le reste : avant d’organiser une Murder Party, vous allez probablement (essayer de) jouer plusieurs fois. Quel réalisateur de cinéma commencerait à tourner sans avoir jamais vu un film ? Quel auteur de romans commencerait à rédiger sans avoir jamais lu un livre ?  

Les cas critiques

ATTENTION : la suite de l’article révèle des informations sur des scénarios. Si vous voulez jouer, ne lisez pas la suite ! Mais puisque vous avez tant envie de sortir du lot, alors voici quelques cas qui pourraient vous sembler inédits et qui pourtant ne le sont pas : les cas critiques de la Murder Party.

Qu’est-ce qu’un cas critique ? Dans une Murder Party « classique », vous avez au cœur du jeu un assassin, un meurtre et une enquête pour démasquer l’assassin. Dans les cas critiques, on tire l’un ou plusieurs des paramètres à ses extrêmes : 0 ou l’infini. Mais voyons plutôt les cas extrêmes ou insolites en Murder Party et autres huis-clos criminels :

  • Un des plus classiques : le mort n’est pas mort (variante : le mort n’est pas celui qu’on croit). On retrouve cette idée dans nombre de scénarios (8 femmes, série noire à l’encre rouge, etc). C’est en réalité une variation sur le thème des Dix petits Nègres d’Agatha Christie. Cette idée est belle mais malheureusement surexploitée.
  • Tout le monde est mort : un cas plein d’insolite, qu’on trouve dans « Le train sifflera une dernière fois… » ou « Larmes Fatales ».
  • Tout le monde est assassin : vu dans « La collection » ou « Sains de corps… ». C’est aussi le principe du killer et des traques. Un grand classique du genre : le crime de l’orient express d’Agatha Christie.
  • L’assassin s’ignore : crime commandé par télépathie, personnage porteur d’un virus mortel mais immunisé, amnésie, cette situation assez cocasse se retrouve dans « Les chiens aboient… » ou « Qui a tué le père Noël ».
  • L’assassin n’est pas parmi nous : voilà une idée qui pourrait plaire; à ce jour, je ne l’ai pas encore rencontrée en jeu. Peut-être par le risque de dépit des joueurs en fin de partie ? Mais après tout, l’information selon laquelle « l’assassin est parmi nous » est hors-jeu (au moins au début).
  • L’assassin est la victime mais ce n’est pas un suicide : voilà encore une idée qui pourrait plaire. Par exemple, un tueur à gages tellement professionnel qu’il accepterait un contrat contre lui-même et le mettrait en application ? Je n’ai pas rencontré cette situation pour l’instant, mais si vous l’avez déjà vue, contactez-moi !
  • L’assassin n’a pas tué : vu et revu dans le cas bien classique où celui qui croit être le tueur n’a tué qu’un cadavre. On est plus sur de la fausse piste que sur un ‘cas’ à part entière.
  • Il n’y a pas de meurtre : et l’on sort tout simplement de la Murder Party pour revenir au cadre général du GN et du huis-clos. Rien de bien exceptionnel dans cette variation, puisqu’elle nous ramène au point de départ.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *